Voila , la fin de la première saison de Dalejo. J'avoue, elle est un peu bâclée, mais je n'ai pas la force de faire mieux, j'ai plein d'autres trucs sur le feu.
Je crois que la fréquence de mes post fait que je ne touche plus grand monde ces temps ci, mais j'ai besoin d'écrire ce qui va suivre : rédiger les comptes rendus romancés de mes parties étaient une chouette idée ; mais entre leur préparation, la séance de jeu, et le compte rendu, Ça fait bien trop de temps. Pour la saison deux, qui va débuter sous peu, point de résumé. Aussi j'espère que vous aurez apprécié ces aventures.
C'est parti pour le dénouement !
ÉPISODE 8
The end of the world as we know it.
Dans les épisodes précédents :
Alors que la guerre sur le front montagino-castillan s'enlise et que des forces armées de toutes les villes castillanes sont appelées en renfort, les héros mettent à jour la duplicité du Don Berejano de Dalejo, à la tête de leur ville. Ce dernier semble s'offrir les services de brigands et paraît même ne pas être véritablement humain. Ayant découvert qu'il prépare un mystérieux événement pour les messes du Prophète, les héros décident de tout faire pour l'arrêter.
Prologue : la fleur au mousquet... ou presque
Soldi 23 Decimus 1668
Près de La Pasiega, et tout le long de la ligne de front, les feux rougeoyaient. On pouvait entendre au loin les montaginois faire la fête, comme tous les soirs. Juan, Ricardo et Felipe venaient tous les trois de Dalejo. Ils discutaient de la vie qu'ils reprendraient une fois la guerre terminée, lorsqu'un officier fit entendre le bruit de ses bottes.
- Señores, dit-il en posant un genou près du foyer qui réchauffait les hommes, c'est décidé. La date de l'assaut contre les montaginois a été arrêtée. L'effet de surprise sera le plus important si nous attaquons lors du premier jour des messes du Prophète. Je sais ce que cela pourra nous couter de sacrifier un jour de communion avec Theus, mais soyez certains qu'il sera avec nous ce jour là. Vous avez une semaine pour vous préparer ; profitez en au maximum.
Acte I : préparatifs
Le même soir, dans l'ombre de la mezzanine du Gato Negro, un groupe éclectique était rassemblé. Roturiers, nobles, criminels repentis... Anno avait réussi à battre le rappel de tous ceux qui avaient été impliqués dans les complots de Berejano de Dalejo. Celso et Diego, de retour de San Cristobal et les derniers à pénétrer dan la taverne furent surpris de trouver tout le monde réuni.
Anno et un homme qu'ils ne connaissaient pas encore avaient la mine sombre. Le bateleur prit alors la parole :
- Compañeros, l'heure est grave. Nous sommes tous ici au courant des malversations de Berejano. Certains savent de plus que ses agissements sont de nature occulte.
Lope et Luis acquiescèrent silencieusement.
- Nous avons trouvé récemment un ouvrage traitant d'archéologie à côté duquel nous étions passés lors de précédentes recherches. Alors que le señor de Perera lisait, je relevais un fait d'apparence anodine : une technologie capable d'influer sur la lumière ; et donc très certainement sur l'ombre, ce qui expliquerait ce que nombre d'entre nous ont pu constater quand à celle du Don de Dalejo. Le problème, c'est que cette technologie était utilisée par une race disparue depuis des siècles, voire des millénaires... Oui amigos, j'ai émis l'hypothèse que le Don ait été remplacé par une de ces créatures.
Des chuchotements se firent entendre. Chacun devisait avec son voisin des conséquences d'une telle hypothèse. Diego, de son côté, reçut la nouvelle avec moins d'étonnement. Ses recherches à San Cristobal l'avaient mené à découvrir que le disque de métal récupéré par le Don était également un artefact syrneth, alliage improbable d'étain et d'un métal inconnu, et que les glyphes présents sur la boite que Luis avait remis étaient de nature Thalusienne, la fameuse race insectoïde manipulant la lumière. Tout se recoupait donc.
- Puisque vous avez tous été confrontés au Don, et que vous m'avez libéré, commença Hans, j'ai offert à votre ami la possibilité de résoudre ce problème ensemble.
- Nous savons déjà qu'il prépare pour des hôtes, dont une grande majorité de sorciers, un événement particulier, ajouta Freyzal d'Elaincourt. Ce dernier prendra place lors des messes du Prophète, raison pour laquelle la présence de nombreux étrangers en ville ne semble pas suspecte.
- Ce que j'attends de vous, reprit Hans, c'est que vous trouviez, où et quand cela aura lieu, voire ce qu'il projette d'accomplir. Si je vous demande ce service, c'est hélas parce que je ne peux m'en charger moi même, pour une raison que je ne peux révéler.
Il restait une semaine avant les messes du Prophète. D'observations en rencontres louches, de services demandés en indics menacés, un embryon de piste semblait se profiler. Les ferronniers, charpentiers et autres artisans travaillaient à un ouvrage particulier, chacun construisant une partie qui, à elle seule, ne donnait aucune information quant au projet. Toutes ces réalisations avaient été acheminées en une nuit vers l’arène, comme l'apprirent les héros au cours d'une intrusion nocturne.
Cette information avait hélas couté cher : Lope, Anno et Angelica avaient été fait prisonniers par la garde de Berejano de Dalejo.
La veille du premier jour des messes du Prophète, Freyzal et Felicianno recevaient à la cour la dernière pièce du puzzle : quoi que le Don ait préparé, c'est le lendemain que tout se jouerait.
Acte 2 : les toreros de Theus
1er jour des messes du Prophète 1668
Certains n'avaient pas dormi. Alors que l'aube commençait à apparaître derrière la Pasiega, les troupes castillanes émergeaient. Beaucoup de sang allait couler aujourd'hui, surtout celui de ces chiens de montaginois.
A une centaine de lieues, l'aube sonnait également le rassemblement de héros. Hans attendait déjà à quelques rues de l'arène et accueillit la troupe diminuée : Celso, Diego et Elfi. Après quelques heures, la majeure partie de la population avait investi la cathédrale afin d'assister à la première office des messes du Prophète. Les rues se retrouvaient désertes, et seule une cohorte de nobles enfoncés dans leurs riches manteaux se fit remarquer. Les prisonniers suivaient à distance respectable et toute la troupe se dirigeait comme prévu vers l'arène.
Une fois l'assemblée dans l'enceinte, l'entrée fut condamnée. Maintenant hors de vue, les héros sortirent de leur cachette et, prestement, escaladèrent le mur extérieur, gagnant les hauteurs et découvrant la scène qui s'offrait à eux. Devant le parterre d'une soixantaine de nobles, Berejano de Dalejo tenait un discours. Derrière ses auditeurs, au fond de l'arène, les prisonniers avaient été enchainés au mur.
- ...est un jour très particulier pour Dalejo. La ville connait sa première fête profane, permettant aux moins dévots de célébrer eux aussi le passage en une nouvelle année. Évidemment cela ne s'est pas fait tout seul. Il aura fallu beaucoup de choses pour en arriver là : du travail, de la satisfaction... Mais aussi du chagrin, des pertes tragiques. Mais nous sommes là ! A la fin du voyage. Et qu'est-ce au juste qu'un voyage ? Du temps écoulé, une distance parcourue ? Non, c'est avant tout un changement. Attention ce n'est pas cette fête ou vous qui allez changer, non. Il marqua une pause. C'est moi.
Le regard de Berejano se fit alors beaucoup plus dur et, devant chaque issue, ses gardes se préparèrent à empêcher les captifs de fuir.
- Vous ne semblez pas avoir conscience de qui vous attaquez, señor, répliqua un montaginois, et je vois que nous avons eu tort de vous accorder un tant soit peu de confiance.
L'impensable se produisit alors : l'image du Don vacilla quelques secondes avant de disparaître, révélant à l'assemblée une créature de cauchemar, croisement improbable entre l'humain et l'insecte. La panique s'empara des nobles. Nombre de montaginois avaient hérité de leur lignage le don de sorcellerie Porté, aussi ils ne se firent point prier : ceux qui le pouvaient ouvrirent des passages, quittant magiquement les lieux ou en sortant une arme s'ils ne pouvaient se déplacer eux-même.
C'est là que Diego comprit. Berejano n'avait invité que des nobles sorciers, non pas dans le but de leur faire quoi que ce soit, mais parce qu'il lui fallait pour une raison obscure que ces derniers utilisent leurs capacités ensemble. Ils allaient malgré eux lui permettre d'accomplir ses desseins ! La concentration de sorciers était telle que, très rapidement, quelques portails semblables à ceux des montaginois s'ouvrirent d'eux même, vomissant quelques monstruosités.
Les héros se jetèrent dans la fosse, qui allant délivrer les prisonniers, qui confrontant la chose s'étant faite passer pour Berejano de Dalejo. Cette créature venait de trouver, parmi les nouveaux arrivants, un autre thalusien. « On dirait que monsieur vient de tomber amoureux, pensa Diego, c'est mauvais. » Les deux thalusais fuirent alors lestement les lieux, laissant les nobles et les autres créatures s'entretuer.
Lope choisit de laisser à ses compagnons le temps de poursuivre les thalusiens ; il allait retenir les hommes de Berejano qui tenteraient de les poursuivre. Anno, et Elfi à terre, il ne put hélas tenir bien longtemps et sombra dans l'inconscience.
Diego et Celso suivirent donc les thalusiens qui pénétrèrent dans les toits de la cathédrale. Faisant fi de l'office en cours, ils réussirent à convaincre la foule de quitter la place et se rendirent au sommet de l'édifice. Sous les combles, une sorte de cocon gigantesque s'étendait. C'est à l'intérieur de ce dernier qu'ils trouvèrent les thalusiens. Celui qui avait été le Don utilisait l'artéfact de Diego comme bouclier et le scientifique n'eut d'autre choix que de la détruire par les flammes pour laisser à Celso l'opportunité de l'expédier au sol.
Une fois les syrneths achevés, les deux amis brulèrent promptement le cocon, effaçant les dernières traces de l'antique race de Syrne.
Épilogue : Dalejo, à nouveau
Les pertes avaient été chères : Freyzal, Hans, Anthelme et de nombreux nobles avaient trépassé ; Lope, Anno, Elfi et Angelica y avaient échappé de justesse ; mais Dalejo était maintenant nettoyée grâce à ses héros. Les messes du Prophète reprirent de plus belle, et à leur fin seulement, on penserait au futur.
Loin de la ville, sur le front montagino-castillan, le peuple de Castille exultait lui aussi. après une demi journée de combats, les troupes du bon roy Sandoval avaient mis à mal les forces de l'empereur de Léon de Montaigne. Une nouvelle ère débutait.
Le Gabier