Mardi 6 septembre 2011 à 1:33

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Je regarde derrière moi, et je contemple la dernière publication... Novembre 2010.

Cinq années de publications puis une année sans rien. La taverne est désertée, la patron ne prends plus le temps d'écrire ici. Je crois que cinq ans, c'est une bonne durée.

Alors au lieu de laisser ce bouge pourrir sur une note obscure, mieux vaut lui donner un semblant d'au revoir. J'ai plus ou moins bouclé la boucle : j'ai ouvert ce blog suite à une partie de jeu de rôle, et c'est sur un résumé de partie de jeu de rôle qu'il s'est éteint.
Ce n'est pas la fin du Gabier pour autant, et on aura sans doute l'occasion de me retrouver plus tard, peut-être ailleurs, parlant d'autre chose.

Et, même si vous ne le lirez probablement que très tard, voire jamais, je vous salue tous, vous qui êtes passés ici plus ou moins longtemps. On a bien rigolé ; salut les copains !


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Le Gabier

Lundi 29 novembre 2010 à 9:34

Voila , la fin de la première saison de Dalejo. J'avoue, elle est un peu bâclée, mais je n'ai pas la force de faire mieux, j'ai plein d'autres trucs sur le feu.

Je crois que la fréquence de mes post fait que je ne touche plus grand monde ces temps ci, mais j'ai besoin d'écrire ce qui va suivre : rédiger les comptes rendus romancés de mes parties étaient une chouette idée ; mais entre leur préparation, la séance de jeu, et le compte rendu, Ça fait bien trop de temps. Pour la saison deux, qui va débuter sous peu, point de résumé. Aussi j'espère que vous aurez apprécié ces aventures.

C'est parti pour le dénouement !
 

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ÉPISODE 8
The end of the world as we know it.



Dans les épisodes précédents :

Alors que la guerre sur le front montagino-castillan s'enlise et que des forces armées de toutes les villes castillanes sont appelées en renfort, les héros mettent à jour la duplicité du Don Berejano de Dalejo, à la tête de leur ville. Ce dernier semble s'offrir les services de brigands et paraît même ne pas être véritablement humain. Ayant découvert qu'il prépare un mystérieux événement pour les messes du Prophète, les héros décident de tout faire pour l'arrêter.



Prologue : la fleur au mousquet... ou presque
 
Soldi 23 Decimus 1668

    Près de La Pasiega, et tout le long de la ligne de front, les feux rougeoyaient. On pouvait entendre au loin les montaginois faire la fête, comme tous les soirs. Juan, Ricardo et Felipe venaient tous les trois de Dalejo. Ils discutaient de la vie qu'ils reprendraient une fois la guerre terminée, lorsqu'un officier fit entendre le bruit de ses bottes.

- Señores, dit-il en posant un genou près du foyer qui réchauffait les hommes, c'est décidé. La date de l'assaut contre les montaginois a été arrêtée. L'effet de surprise sera le plus important si nous attaquons lors du premier jour des messes du Prophète. Je sais ce que cela pourra nous couter de sacrifier un jour de communion avec Theus, mais soyez certains qu'il sera avec nous ce jour là. Vous avez une semaine pour vous préparer ; profitez en au maximum.



Acte I : préparatifs

    Le même soir, dans l'ombre de la mezzanine du Gato Negro, un groupe éclectique était rassemblé. Roturiers, nobles, criminels repentis... Anno avait réussi à battre le rappel de tous ceux qui avaient été impliqués dans les complots de Berejano de Dalejo. Celso et Diego, de retour de San Cristobal et les derniers à pénétrer dan la taverne furent surpris de trouver tout le monde réuni.
Anno et un homme qu'ils ne connaissaient pas encore avaient la mine sombre. Le bateleur prit alors la parole :

- Compañeros, l'heure est grave. Nous sommes tous ici au courant des malversations de Berejano. Certains savent de plus que ses agissements sont de nature occulte.

Lope et Luis acquiescèrent silencieusement.

- Nous avons trouvé récemment un ouvrage traitant d'archéologie à côté duquel nous étions passés lors de précédentes recherches. Alors que le señor de Perera lisait, je relevais un fait d'apparence anodine : une technologie capable d'influer sur la lumière ; et donc très certainement sur l'ombre, ce qui expliquerait ce que nombre d'entre nous ont pu constater quand à celle du Don de Dalejo. Le problème, c'est que cette technologie était utilisée par une race disparue depuis des siècles, voire des millénaires... Oui amigos, j'ai émis l'hypothèse que le Don ait été remplacé par une de ces créatures.

Des chuchotements se firent entendre. Chacun devisait avec son voisin des conséquences d'une telle hypothèse. Diego, de son côté, reçut la nouvelle avec moins d'étonnement. Ses recherches à San Cristobal l'avaient mené à découvrir que le disque de métal récupéré par le Don était également un artefact syrneth, alliage improbable d'étain et d'un métal inconnu, et que les glyphes présents sur la boite que Luis avait remis étaient de nature Thalusienne, la fameuse race insectoïde manipulant la lumière. Tout se recoupait donc.

- Puisque vous avez tous été confrontés au Don, et que vous m'avez libéré, commença Hans, j'ai offert à votre ami la possibilité de résoudre ce problème ensemble.
- Nous savons déjà qu'il prépare pour des hôtes, dont une grande majorité de sorciers, un événement particulier,
ajouta Freyzal d'Elaincourt. Ce dernier prendra place lors des messes du Prophète, raison pour laquelle la présence de nombreux étrangers en ville ne semble pas suspecte.
- Ce que j'attends de vous,
reprit Hans, c'est que vous trouviez, où et quand cela aura lieu, voire ce qu'il projette d'accomplir. Si je vous demande ce service, c'est hélas parce que je ne peux m'en charger moi même, pour une raison que je ne peux révéler.

    Il restait une semaine avant les messes du Prophète. D'observations en rencontres louches, de services demandés en indics menacés, un embryon de piste semblait se profiler. Les ferronniers, charpentiers et autres artisans travaillaient à un ouvrage particulier, chacun construisant une partie qui, à elle seule, ne donnait aucune information quant au projet. Toutes ces réalisations avaient été acheminées en une nuit vers l’arène, comme l'apprirent les héros au cours d'une intrusion nocturne.
Cette information avait hélas couté cher : Lope, Anno et Angelica avaient été fait prisonniers par la garde de Berejano de Dalejo.

    La veille du premier jour des messes du Prophète, Freyzal et Felicianno recevaient à la cour la dernière pièce du puzzle : quoi que le Don ait préparé, c'est le lendemain que tout se jouerait.



Acte 2 : les toreros de Theus

1er jour des messes du Prophète 1668

    Certains n'avaient pas dormi. Alors que l'aube commençait à apparaître derrière la Pasiega, les troupes castillanes émergeaient. Beaucoup de sang allait couler aujourd'hui, surtout celui de ces chiens de montaginois.

    A une centaine de lieues, l'aube sonnait également le rassemblement de héros. Hans attendait déjà à quelques rues de l'arène et accueillit la troupe diminuée : Celso, Diego et Elfi. Après quelques heures, la majeure partie de la population avait investi la cathédrale afin d'assister à la première office des messes du Prophète. Les rues se retrouvaient désertes, et seule une cohorte de nobles enfoncés dans leurs riches manteaux se fit remarquer. Les prisonniers suivaient à distance respectable et toute la troupe se dirigeait comme prévu vers l'arène.

    Une fois l'assemblée dans l'enceinte, l'entrée fut condamnée. Maintenant hors de vue, les héros sortirent de leur cachette et, prestement, escaladèrent le mur extérieur, gagnant les hauteurs et découvrant la scène qui s'offrait à eux. Devant le parterre d'une soixantaine de nobles, Berejano de Dalejo tenait un discours. Derrière ses auditeurs, au fond de l'arène, les prisonniers avaient été enchainés au mur.

- ...est un jour très particulier pour Dalejo. La ville connait sa première fête profane, permettant aux moins dévots de célébrer eux aussi le passage en une nouvelle année. Évidemment cela ne s'est pas fait tout seul. Il aura fallu beaucoup de choses pour en arriver là : du travail, de la satisfaction... Mais aussi du chagrin, des pertes tragiques. Mais nous sommes là ! A la fin du voyage. Et qu'est-ce au juste qu'un voyage ? Du temps écoulé, une distance parcourue ? Non, c'est avant tout un changement. Attention ce n'est pas cette fête ou vous qui allez changer, non. Il marqua une pause. C'est moi.

    Le regard de Berejano se fit alors beaucoup plus dur et, devant chaque issue, ses gardes se préparèrent à empêcher les captifs de fuir.

- Vous ne semblez pas avoir conscience de qui vous attaquez, señor, répliqua un montaginois, et je vois que nous avons eu tort de vous accorder un tant soit peu de confiance.

    L'impensable se produisit alors : l'image du Don vacilla quelques secondes avant de disparaître, révélant à l'assemblée une créature de cauchemar, croisement improbable entre l'humain et l'insecte. La panique s'empara des nobles. Nombre de montaginois avaient hérité de leur lignage le don de sorcellerie Porté, aussi ils ne se firent point prier : ceux qui le pouvaient ouvrirent des passages, quittant magiquement les lieux ou en sortant une arme s'ils ne pouvaient se déplacer eux-même.
C'est là que Diego comprit. Berejano n'avait invité que des nobles sorciers, non pas dans le but de leur faire quoi que ce soit, mais parce qu'il lui fallait pour une raison obscure que ces derniers utilisent leurs capacités ensemble. Ils allaient malgré eux lui permettre d'accomplir ses desseins ! La concentration de sorciers était telle que, très rapidement, quelques portails semblables à ceux des montaginois s'ouvrirent d'eux même, vomissant quelques monstruosités.
Les héros se jetèrent dans la fosse, qui allant délivrer les prisonniers, qui confrontant la chose s'étant faite passer pour Berejano de Dalejo. Cette créature venait de trouver, parmi les nouveaux arrivants, un autre thalusien. « On dirait que monsieur vient de tomber amoureux, pensa Diego, c'est mauvais. » Les deux thalusais fuirent alors lestement les lieux, laissant les nobles et les autres créatures s'entretuer.
Lope choisit de laisser à ses compagnons le temps de poursuivre les thalusiens ; il allait retenir les hommes de Berejano qui tenteraient de les poursuivre. Anno, et Elfi à terre, il ne put hélas tenir bien longtemps et sombra dans l'inconscience.
Diego et Celso suivirent donc les thalusiens qui pénétrèrent dans les toits de la cathédrale. Faisant fi de l'office en cours, ils réussirent à convaincre la foule de quitter la place et se rendirent au sommet de l'édifice. Sous les combles, une sorte de cocon gigantesque s'étendait. C'est à l'intérieur de ce dernier qu'ils trouvèrent les thalusiens. Celui qui avait été le Don utilisait l'artéfact de Diego comme bouclier et le scientifique n'eut d'autre choix que de la détruire par les flammes pour laisser à Celso l'opportunité de l'expédier au sol.
Une fois les syrneths achevés, les deux amis brulèrent promptement le cocon, effaçant les dernières traces de l'antique race de Syrne.



Épilogue : Dalejo, à nouveau

    Les pertes avaient été chères : Freyzal, Hans, Anthelme et de nombreux nobles avaient trépassé ; Lope, Anno, Elfi et Angelica y avaient échappé de justesse ; mais Dalejo était maintenant nettoyée grâce à ses héros. Les messes du Prophète reprirent de plus belle, et à leur fin seulement, on penserait au futur.
Loin de la ville, sur le front montagino-castillan, le peuple de Castille exultait lui aussi. après une demi journée de combats, les troupes du bon roy Sandoval avaient mis à mal les forces de l'empereur de Léon de Montaigne. Une nouvelle ère débutait.




Le Gabier

Samedi 2 octobre 2010 à 19:08

Je n'en avais pas conscience jusqu'à présent. Je veux dire, je savais qu'un truc allait de travers avec ces affiches, mais quoi ?
C'est seulement en les mettant toutes en relation que j'ai compris. Les designers des affiches de comédies françaises sont pieds et poings liés. J'aurais aussi pu dire qu'ils n'ont aucune imagination, voire même qu'ils font tous la même affiche moche, mais d'une, ils ont certainement des consignes, et de deux, c'est un point assez subjectif.

Comme c'est un peu abstrait pour vous, voici de quoi vous aider un peu :


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Alors, ça parait évident maintenant, non ? Bon, je n'ai pris que neuf affiches, mais je suis certain qu'on peut facilement en trouver le double ou le triple. Oui, c'est ce qu'on appelle "l'exception culturelle" française.

Donc voila l'idée : essayer de lister les principales caractéristiques de l'affiche des comédies françaises, et ensuite essayer de comprendre pourquoi elles se pompent ainsi entre elles. J'ai déjà mes petites idées ; reste à voir si elles rejoignent les vôtres.



Le Gabier

Lundi 27 septembre 2010 à 1:25

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ÉPISODE 7
Kreuzritter.



Dans les épisodes précédents :


Les héros mettent à jour la duplicité du Don Berejano de Dalejo, a la tête de la ville, semblant œuvrer à de sombres desseins ésotériques. Lorsque la nouvelle d'une tentative d'assassinat à son encontre se répand, les héros décident de tenter le tout pour le tout et font évader l'assassin qui disparaît après leur avoir donné l'adresse d'un lieu sûr à l'extérieur de la ville.




Prologue : embuscade

Veldi 17 Decimus 1668

    Rien... Le passage à l'auberge de l'œil vert n'avait servi à rien. Pis encore, ils avaient perdu une bonne semaine, et Theus sait ce que Berejano avait pu faire en leur absence. El señor Anno ressassait les faits sur le chemin du retour, et certains détails ne collaient pas. Il lui semblait que quelque chose d'important leur échappait. Et l'assassin qu'ils avaient libéré en savait plus, c'était certain. Anno fut tiré de ses réflexions par un son lointain : à l'horizon, derrière eux, s'était formé un nuage de poussière. La rumeur de coups de feu se faisait entendre et en l'espace de quelques battements de coeur, un attelage poursuivi par des cavaliers était en vue. Négociant un virage difficile dans un goulot d'étranglement, le carrosse chavira.
Sans plus attendre, Anno rejoignit la scène et sauta sur la voiture chavirée, criant à ses occupants de se mettre à l'abri. Un castillan, vraisemblablement leur guide, avait déjà tiré sa rapière et attendait l'arrivée de leurs poursuivants. D'un signe de tête, Anno et lui accueillirent les assaillants par une tempête d'acier.
- Je crois que nous devrions rester à l'intérieur, ils ne pourront pas nous atteindre, avança Freyzal d'Elaincourt.
Une balle traversa le carrosse de part en part, sifflant aux oreilles de ses occupants.
- Non, messire, il me semble plus sûr pour vous et madame de vous abriter à l'extérieur. Je ne sais pas qui sont ces gens, mais ils ne semblent pas disposés à vous épargner.
Anthelme conduisit son maitre à l'extérieur, où un petit groupe de personnes avait gagné la scène et les couvrirent.

    Après un quadruple face à face, leurs adversaires hors de combat, les protagonistes firent enfin connaissance. Ils parvinrent ensemble à remettre l'attelage en état de marche, et les dalejenos proposèrent au baron d'Elaincourt de le guider jusqu'à Dalejo, où il pourrait changer d'équipage. C'était par un heureux hasard, l'endroit où se rendait le baron, qui accepta avec plaisir l'accueil de ces castillans.



Acte I : retour à Dalejo

Amordi 18 Decimus 1668

    Dans l'auberge relais où le petit groupe passait la nuit, l'atmosphère était détendue. Les deux groupes avaient fait connaissance et échangeaient gaiement autour d'un petit cochon rôti. Un courant d'air glacial emplit l'air lorsque la porte s'ouvrit, révélant à l'assistance les robes rouges de l'Inquisition.
D'Elaincourt se crispa. Ouvertement sorcier, il n'avait jamais été inquiété par les fanatiques de Verdugo, mais il se trouvait maintenant en Castille. Les inquisiteurs se dispersèrent dans la pièce, scrutant l'assistance. Sans doute recherchaient-ils quelque infidèle. Anno remarqua soudain une chose étrange : Ricardo, le guide des montaginois avait disparu de la table.
Quelques inquisiteurs s'approchèrent du baron, lorsqu'un éclat de voix résonna, attirant leur attention. Les autres avaient trouvé ce qu'ils étaient venus chercher, et sans autre forme de procès, l'emportèrent brutalement à l'extérieur. L'homme finirait certainement brûlé avant l'aube, et l'auberge se remplit à nouveau de bruit. Ricardo, quand à lui, revint, prétextant avoir eu besoin de se soulager et avoir raté l'épisode tendu par hasard.


Terdi 19 Decimus 1668

    Enfin, presque dix jours après l'avoir quittée, les héros pénétrèrent à nouveau Dalejo. Leur passage fut témoin d'une scène particulière : dans une rue adjacente, une troupe de gardes du Don de Dalejo finissait d'achever un groupe d'Eliminatis. Anno savait que le Don collaborait avec ces bandits. En avait-il tiré tout ce qu'il désirait pour s'en débarrasser ainsi ? Ricardo, Ignacio et Féliciano prirent congé du reste de la troupe et rejoignirent leurs domiciles et Anno recommanda le Gato Negro aux montaginois, avant de rejoindre la taverne B.

    Au Gato, Anthelme fit la connaissance d'une jeune fille. Par chance, cette dernière savait où trouver un médecin de confiance à cette heure. Cheminant avec elle pendant que son maître dinait avec son épouse, il ne se doutait pas que ses intentions n'étaient pas aussi altruistes qu'il le croyait. Une fois hors de vue de badauds, la fourbe Eliminati, car c'en était une, le menaça de sa schiavone.

    La taverne B... Comme beaucoup d'habitués, Anno ne se souvenait pas avoir connu ce bouge du temps ou l'enseigne était encore entière. Ce n'était certes pas le coin de plus reposant, mais il s'y sentait bien. D'autant qu'on y trouvait de bons indics. Hector n'était pas de service aujourd'hui, mais les clients étaient parfois bavards.

- Deux pichets ! Cria t-il au tavernier tandis qu'il s'installait en face d'un probable repris de justice. Bon sang que ça fait du bien d'être de retour au pays.
- Ça, on peut dire qu'on a de la chance d'avoir un coin si tranquille
, répondit l'homme à qui il venait d'offrir à boire.
- Encore que... Je viens de rentrer, v'là qu'je vois les gardes de Berejano en train de botter le cul de c'te confrérie de brigands. C'est nouveau, ça ?
- Ça me dit rien. Non par contre, y a pas mal d'étrangers dans le coin depuis quelques jours.

Le rideau d'entrée révéla alors un montaginois poudré, un noble certainement, qui détonnait dans cet endroit.
- J'en ai déjà vu au moins une dizaine ; comme celui ci, qui ne va pas tarder à y passer d'ailleurs, renchérit le malfrat.
El señor Anno pris les devants ; ce noble pouvait lui apporter des informations s'il lui montrait en qui avoir confiance.
- Ouais, et c'est moi qui en aurait la primeur, lança l'acrobate alors qu'il quittait la table. Garde le vin !
Il cueillit le noble, coiffant au poteau la plupart des tire-bourses du coin.
- Senõr, puis-je me permettre de vous conduire dans un lieu plus propice à accueillir quelqu'un de votre statut ?

    Anthelme était certes blessé, mais il n'en restait pas moins capable de combattre. L'Eliminati l'avait appris à ses dépends. Lorsqu'il regagna le Gato Negro, il croisa le chemin d'Anno et du noble qu'il escortait : le comte Roger Engrain de Verrier. Une fois présenté à Freyzal, il conclurent de se présenter au Don le lendemain. Ils pourraient de plus éventuellement connaître la raison de leur invitation à Dalejo, point qui commençait à intriguer fortement Anno. Qu'un castillan invite des représentants d'un pays ennemi en grand nombre ne lui semblait pas bon du tout, surtout avec ce qu'il savait du Don.



Acte 2 : une effrayante théorie

Guerdi 20 Decimus 1668

    Profitant des conseils du Comte, plus habitué au faste que lui, Freyzal se prépara à rencontrer Julian Berejano de Dalejo. Ayant discuté avec Anthelme et Anno, il savait qu'il devrait se montrer attentif. La raison de sa présence ici n'était peut-être pas seulement la courtoisie de son hôte. Lorsqu'ils entrèrent à la Cour, il constata en effet quelques curiosités. Des montaginois étaient en nombre, et la proportion de possibles sorciers était plus importante que de raison. Quelques vodaccis et leurs femmes étaient présentes, et même un eisenör, un certain Von Dressen, comptait parmi les présents. Les deux nobles demandèrent audience, qui leur fut accordée dans les heures suivantes.

    A l'extérieur du Palais, après un passage chez un médecin, les deux spadassins déambulaient dans les petites ruelles à proximité lorsqu'au coin de l'une d'elles, ils se retrouvèrent face à une silhouette. Anno la reconnut immédiatement : c'était le prisonnier qu'ils avaient libéré avant leur excursion hors de Dalejo.

- Je vois que vous et vos amis êtes tenaces, señor, commença t-il à l'attention d'Anno. Et il a fallu en plus que vous soyez au bon endroit pour vous débarrasser des hommes pourchassant les montaginois.
- Comment ?
- C'est moi qui les ai envoyés
, coupa t-il. Écoutez, je ne peux vous en dire plus, mais il ne fallait surtout pas que ce baron atteigne Dalejo !
- J'imagine alors que vous n'apprécierez pas d'apprendre qu'il est actuellement avec lui.
- Cela ne me réjouit pas, en effet.
- Et la présence de nombreux étrangers en ville n'est alors pas le fruit du hasard ?
- On ne peut rien vous cacher, même si je ne vois toujours pas où il veut en venir
; il soupira. Bon, puisque vous êtes maintenant dedans jusqu'au cou, peut-être pourrez vous m'aider. Vous savez comme moi que Berejano prévoit quelque chose. Mais je n'ai hélas rien pu apprendre. Peut-être que votre ami en saura plus de l'intérieur ; aussi, je vous donne rendez-vous ce soir, ici même ; en espérant que votre baron ait appris qui que ce soit qui puisse être utile.
- Attendez ! Pouvons nous au moins savoir qui vous êtes ?
demanda le bateleur à celui qui tournait déjà les talons.
- Appelez moi Hans, lança t-il, laconique avant de disparaître au coin de la rue.
Anno et Anthelme se regardèrent, interloqués.

    A l'intérieur du Palais, Freyzal d'Elaincourt et Roger de Verrier avaient l'honneur d'être introduits dans le bureau du Don de Dalejo. La lumière était tamisée, mais Freyzal, qui avait été prévenu, vit tout de suite l'ombre du Don ; plus maigre, différente de son porteur, tandis que le comte de Verrier ne remarquait rien. Contenant sa surprise, il se présenta et osa demander la raison de cette invitation : le Don les avait invité pour une fête profane en parallèle aux célébrations religieuses lors des messes du Prophète. Il est vrai que ce rassemblement de fin d'année n'était pas des plus appréciés par les nobles montaginois qui avaient marqué leur désapprobation vis-à-vis de l'Église. Le contenu exact de cette fête réservée aux courtisans était une surprise, et le jeune baron ne put en apprendre plus sans risquer de se compromettre.
Maintenant convaincu que le Don cachait quelque chose, Freyzal s'éclipsa discrètement et rejoignit son garde du corps et Anno au Gato Negro. De sombres heures s'annonçaient. Anno suggéra l'université de Dalejo ; sa bibliothèque pourrait surement en apprendre plus sur les messes du Prophète et un éventuel rapport avec le Don.

    Salvador Limones reçut une nouvelle fois avec amabilité un ami de Diego et aida le petit groupe dans ses recherches en leur soumettant les ouvrages appropriés à leurs recherches. En fin d'après midi, l'incroyable se produisit :

- Je l'ai ! Là, sur cette illustration, les dessins ressemblent à ceux qui ornaient la boite qu'a récupéré Berejano !
Anno était aux anges.
- La description parle de « Thalusai », lut Freyzal.
A ce son, Salvador releva la tête.
- Señor Limones, savez vous ce que sont ces thalusais ? Demanda le noble.
- Eh bien, les thalusiens sont, si j'ai bonne mémoire, une des nombreuses races syrneth qui peuplèrent Théah avant l'avènement de l'Homme, et qui disparurent en laissant de nombreux sites archéologiques et artéfacts.

    Compulsant les quelques volumes traitant le sujet plus en détail, les héros découvrirent plus amplement la race insecto-humanoïde dite thalusienne. A mesure que les lettrés lisaient, un des points intrigua le bateleur.

- Attendez. Cela dit que la majorité des artéfacts thalusiens semblaient altérer la lumière ? Il attendit d'avoir l'attention de tous. Alors qu'est-ce qui nous dit que le Don...
- Vous n'émettriez quand même pas l'hypothèse que Berejano de Dalejo soit...
- Un thalusien ? Si ; c'est bien ce à quoi je pense. Comment expliquer sinon cette ombre si étrange que vous avez vous même vue et l'ardeur qu'il a mis à retrouver la boite thalusienne ?


    Salvador devint livide. Regardant autour de lui, il s'empressa de faire taire ses visiteurs.

- Par Théus, silence ! Je veux bien reconnaître que je ne suis pas le plus intègre des détenteurs de savoir : je m'intéresse à des sujets plus ou moins occultes, mais ce que vous venez de suggérer... La simple idée que ces créatures soient encore vivantes pourrait nous conduire droit sur les buchers de l'Inquisition !
- Mais c'est pourtant logi...
- Non ! Non. Si vous abordez encore ce sujet ici, je vais devoir être contraint de vous demander de partir.
Il tourna la tête vers un étudiant devant son bureau. Je reviens, je vais m'occuper de cet élève.
- Vous pensez vraiment, chuchota Freyzal, que ce que vous avancez est vrai ?



Épilogue : et si c'était vrai...

    Du fond de l'alcôve où ils se trouvaient, une voix s'éleva doucement.

- Oui. L'intuition du bateleur a vu juste ; et vous n'avez pas idée de ce à quoi vous faites face, assura Hans.

Mardi 21 septembre 2010 à 18:00

Salut !

Un petit passage en loucedé, juste pour vous apprendre comment on fait un reportage à la télévision aujourd'hui  : http://online.nolife-tv.com/index.php?id=10211

Je reviens bientôt avec l'avant dernier compte-rendu de Dalejo et des passages plus fréquents dans la taverne !

Oh, j'ai failli oublier, le deuxième épisode de la pension Esmodine est disponible depuis plus d'une semaine déjà ;)


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Le Gabier

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